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LES GRANDS ABOLITIONNISTES


FREDERICK DOUGLASS


"Toute tentative pour dissocier la libération des esclaves de la victoire de l'union, toute tentative pour assurer la paix aux blancs en laissant les noirs dans leurs fers, serait peine perdue et le pouvoir à Washington et le peuple américain peuvent refuser de la reconnaître un certain temps mais la logique inexorable des événements les y obligera à terme: la guerre actuellement menée dans ce pays est une guerre pour ou contre l'esclavage".

"Se battre contre les propriétaires d'esclaves sans se battre contre l'esclavage, c'est faire les choses à moitié et cela paralyse les mains qui s'y emploient[...]. C'est avec l'eau qu'on lutte contre le feu. A la guerre qui vise à détruire la liberté, il faut opposer celle qui vise à détruire l'esclavage".

Frédérick Douglass


Frédérick Douglass (1818-1895)


En février 1818, il naquit sous le nom de Frédérick Bailey sur une plantation proche de la ville de Easton dans l'Etat du Maryland; de père inconnu (on savait simplement qu'il était blanc) et d'une mère esclave, Harriet Baily.
En 1824, âgé de 6 ans, il commença à travailler sur la plantation d'un des hommes les plus riches de l'Etat du Maryland, Edwad Lloyd V.
En 1826, il fut envoyé à Baltimore pour travailler chez un riche armateur, Hugh Auld. La femme de son maître, Sophie Auld, lui apprit à lire et à écrire. Mais rapidement Hugh Auld mit au courant de son apprentissage à la lecture et à l'écriture décida de s'en séparer.
En 1833, à l'âge de 15 ans Frédérick partit travailler dans la ferme de Thomas Auld près de la ville Saint Michaels dans l'Etat du Maryland.
En janvier 1834, Frédérick travailla chez Edward Covey, un pauvre fermier qui avait la réputation de "casser de l'esclave".
En 1835, il travailla pour William Freeland qui était considéré comme un bon maître.
En avril 1836, Frédérick après l'échec d'une tentative d'évasion vers les Etats non esclavagistes, passa une semaine en prison. Il fut libéré par un de ses anciens maîtres, Thomas Auld. Celui-ci l'envoya de nouveau à Baltimore où à l'âge de 18 ans, il devint calfat.
Le 3 septembre 1838, empruntant les papiers d'un noir libre, Frédérick quitta Baltimore et prît le train pour Philadelphie.
Le 4 septembre 1838, il arriva à New-York en homme libre. Plus tard, il écrira: "un nouveau monde s'était ouvert à moi".
Anna Murray

  • En septembre 1838, Frédérick Baily se mariait avec Anna Murray. Pour échapper aux chasseurs d'esclaves fugitifs, le couple s'installa à New-Bedford dans l'Etat du Massachusetts.
    A la fin de l'année 1838, Frédérick décida de changer son nom pour rendre sa recherche plus difficile par les hommes de main à la solde des propriétaires sudistes. Nathan Johnson, un de ses amis qui lisait un roman d'un écrivain écossais, Sir Wilter Scott, intitulé La dame du Lac, lui suggéra de prendre le nom d'un des personnages de ce livre. Il accepta. Frédérick Baily devenait ainsi Frédérick Douglass.
    5 mois après son installation à New-Bedford, un jeune homme prit contact avec Frédérick Douglass et lui proposa de collaborer au LIBERATOR, un journal édité par le leader de la société américaine anti-esclavage (en anglais the american anti-slavery), William Lloyd Garrison. Peu de temps après, il intégra le journal. Plus tard, il dira: "le papier était devenu ma nourriture et ma boisson".
    Il s'impliquait rapidement dans ce journal mais aussi au sein de la communauté noire de New-Bedford où il devint prédicateur à l'église méthodiste. Il s'engageait dans la bataille contre la tentative par les politiciens du sud de renvoyer par la force des noirs affranchis en Afrique. Frédérick Douglass s'opposait à ce projet de colonisation croyant que les Etats-Unis étaient la vraie maison des noirs.
    Mars 1839, il publia ses premières opinions sur ce sujet dans le LIBERATOR.
    En août 1841, lors d'un meeting abolitionniste à New-Bedford, Frédérick Douglass alors âgé de 23 ans, rencontra pour la première fois, son "Héros" William Lloyd Garrison. Quelques jours plus tard, il s'adressa à une foule venue assister au meeting annuel de la section du Massachusetts de la société américain anti-esclavage. William Lloyd Garrison remarqua immédiatement le potentiel de Douglass en tant qu'orateur. Il demanda à Frédérick Douglass de devenir conférencier pour le mouvement.
    Durant l'année 1842, il voyageait à travers les Etats du Massachusetts et de New-York avec William Lloyd Garrison et d'autres éminents orateurs.
    En 1843, Frédérick Douglass participa à une centaine de conventions pendant 6 mois à travers l'ouest. Bien que Douglass aimait son emploi, il rencontrait tous les jours beaucoup de difficultés dans l'exécution de celui-ci. Quand les conférenciers voyageaient, il connaissaient les pires conditions de vie. Frédérick Douglass sortait souvent brutalement de ses gonds quand il refusait de s'asseoir dans le compartiment réservé aux noirs dans le train. A Pendleton, dans L'Etat de l'Indiana, la main de Frédérick Douglass avait été cassée lors d'une agression par une bande. Ces incidents étaient courant dans l'ouest où les abolitionnistes étaient souvent considérés comme de dangereux fanatiques.
    En 1844, Douglass décida de publier l'histoire de sa vie. Durant l'été 44, il nota sur papier tous les faits qui avaient marqué son existence en tant qu'esclave.
    En mai 1845, le livre "The Narrative of the life of Frédérick Douglass" était publié à 5000 exemplaires William Lloyd Garrison et Wendell Philips écrivirent l'introduction du livre. Immédiatement, l'autobiographie de Frédérick Douglass devint un Best-Seller.
    En été 1845, Frédérick Douglass s'embarqua pour l'Angleterre. C'était pour lui une opportunité de parler à un auditoire anglais et d'essayer de gagner des appuis pour le mouvement anti-esclavagiste américain. En 1838, tous les esclaves à l'intérieur de l'empire britannique avaient obtenu progressivement leur émancipation et étaient désormais libres.
    A l'automne 1846, Douglass voulait retourner chez lui. William Lloyd Garrison et quelques amis essayèrent de le convaincre de rester encore six mois mais il rejeta les propositions. D'autant plus que deux amis anglais avaient résolu son problème d'esclave fugitif: ils avaient acheté à son maître Hugh Auld sa liberté. Le montant de la transaction s'éleva à 710.96 dollars.
    Le 5 décembre 1846, Hugh Auld signa les papiers qui déclaraient Frédérick Douglass, homme libre à 28 ans.
    Au printemps 1847,Frédérick Douglass prit la mer pour revenir en Amérique. Il avait quitté les Etats-Unis en auteur et conférencier respecté et il était revenu dans son pays avec une immense réputation internationale.
    A l'automne 1847, il décida de s'installer plus à l'ouest à Rochester dans l'Etat de New-York. Il commençait à établir un plan pour la création d'un nouveau journal abolitionniste. L'objectif de ce journal devait être de promouvoir la cause abolitionniste à travers des articles et de se battre pour l'égalité des noirs.
    Le 3 décembre 1847, Frédérick Douglass débutait une seconde carrière par la création d'un hebdomadaire de 4 pages, le North-Star. Pour Douglass, le début de ce journal marqua la fin de sa dépendance vis-à-vis de William Lloyd Garrison et des autres abolitionnistes blancs. Vers la fin des années 40, Frédérick Douglass était bien sur le chemin de devenir le plus brillant et respecté leader noir dans le pays. Il était reconnu comme un grand orateur et écrivain indépendant dans la lutte pour la liberté et l'égalité des noirs. De plus, les tensions entre Douglass et Garrison continuaient à monter.Frédérick Douglass contestait l'idée de Garrison qui prêchait la non-violence dans sa lutte contre l'esclavage. Au début de son engagement politique, Frédérick Douglass prônait aussi cette forme de résistance: "si l'on me demandait si, pour être émancipé, je serais prêt à faire couler une seule goutte de sang, je répondrais non. Pour l'esclave, le seul espoir vraiment fondé d'être affranchi, c'est l'opération d'une force morale". Mais après l'adoption par le congrès américain en 1850 de la loi sur les esclaves fugitifs, son pacifisme disparut de ses discours. Il appela à l'utilisation de la violence pour mettre fin à l'institution de l'esclavage: "les propriétaires d'esclaves, ces tyrans et despotes n'ont pas le droit de vivre. La seule façon de s'assurer que la loi sur les esclaves fugitifs restera lettre morte, c'est de tuer une bonne demi-douzaine de chasseurs d'esclaves; qui veut être libre doit frapper lui-même".
    En juin 1851 lors du meeting annuel de la société américaine anti-esclavagiste, la rupture entre Frédérick Douglass et Garrison était définitive.
    Dans un discours donné à Rochester, le jour de la fête nationale en 1852, Frédérick Douglass montra comment les noirs voyaient le jour de la célébration différemment des blancs ."Qu'est-ce-que le 4 juillet pour un esclave noir américain? C'est le jour où il découvre plus que tout autre jour de l'année, la grande injustice et cruauté dont il est constamment victime. Pour lui, votre célébration est une supercherie....un mince voile dissimulant les crimes qui déshonorent une nation sauvage. Il n'y a aucune nation sur terre coupable de pratiques plus choquantes et sanglantes que sont les Etats-Unis".
    En 1855, il écrivait son deuxième livre: "Bondage and my Freedom" (en français:"servitude et liberté").
    En 1856, lors de la campagne électorale pour la présidentielle, Frédérick Douglass qui soutenait le candidat républicain Frémont, déclara: "l'élection de Frémont préviendrait l'établissement de l'esclavage au Kansas, mettrait un terme au règne de cette institution dans la république et y apposerait le sceau de la réprobation nationale".
    En août 1859, Douglass rencontra John Brown, un abolitionniste blanc au fond d'une vieille carrière près de Chambersburg en Pennsylvanie. Il proposa au leader noir de se joindre à lui pour une opération de libération des noirs par l'invasion du sud des Appalaches et la prise de l'arsenal et de la fabrique d'armes de la ville de Harper's Ferry en Virginie. Frédérick Douglass refusa.
    En Novembre 1859, Frédérick Douglass s'embarqua pour l'Angleterre pour une tournée de conférences.
    En mai 1860, juste avant de continuer ses conférences en France, il apprit la mort de son plus jeune enfant, Annie. Brisé par le chagrin provoqué par la perte de sa fille, Frédérick Douglass décida de rentrer aux Etats-Unis.
    Pendant la campagne présidentielle de 1860, Douglass, soutenant le candidat républicain Abraham Lincoln, dira: "[Une victoire républicaine] devrait être et sera saluée comme un triomphe anti-esclavagiste".
    Le 10 août 1863, Frédérick Douglass vint à la maison blanche pour parler de l'incorporation des noirs dans l'armée Fédérale. Le leader abolitionniste protesta auprès du président contre les mesures discriminatoires à l'égard des noirs de l'armée. Les hommes de couleur n'avaient pas, par exemple, la même solde que les soldats blancs. Ils ne pouvaient non plus être promus au mérite. Frédérick Douglass dans un de ses ouvrages, écrivit: "que le noir parvienne seulement à porter sur sa personne les lettres de cuivre US, qu'il arrive à mettre un aigle sur ses boutons, un fusil, sur son épaule et des balles dans sa poche et aucun pouvoir au monde ne pourra plus nier qu'il a gagné le droit de devenir un citoyen".
    le 4 mars 1864, il est invité à rencontrer pour une seconde fois le président Abraham Lincoln lors d'une réception donnée à la maison blanche pour fêter la deuxième investiture de ce dernier. Ce fut la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, qu'un président américain recevait un noir libre lors d'une soirée officielle. Au cours de celle-ci, un incident se produisit: le policier qui était chargé de contrôler les invités refusa l'entrée à Frédérick Douglass, simplement parce qu'il était noir. Le président mit au courant, vint le chercher lui-même et lorsqu'il le fit pénétrer dans la salle de réception, il s'adressa à ses invités: "Voici mon ami Douglass, [..] il n'y a personne dans le pays dont l'opinion m'importe plus que la vôtre."
    En décembre 1865, avec la ratification du 13ème amendement à la constitution américaine Frédérick Douglass âgé alors de 47 ans estimait que son combat n'était pas terminé. Les noirs américains avaient encore besoin de lui.
    En mai 1865 au meeting de l'Américan Anti-slavery Society, William Lloyd Garrison demanda à l'organisation de se dissoudre maintenant que les objectifs étaient atteints. Douglass s'opposa à la proposition de Garrison en rappelant que "l'esclavage disparaîtra totalement le jour où les noirs américains obtiendront le droit de vote". Les membres de la société votèrent pour continuer le combat en faveur de l'attribution pour les noirs du droit de vote. Cependant beaucoup d'abolitionnistes, surtout blancs, quittèrent le mouvement.
    Vers la fin de l'année 1865, Frédérick Douglass entreprit une tournée de conférences dans les Etats du Nord. Il mit en garde le pays sur le fait que les anciens propriétaires d'esclaves reprenaient le contrôle du sud.
    En février 1866, il porta sa cause auprès du président Andrée Johnson. Mais celui-ci n'approuva pas les idées du leader noir. Il préférait soutenir les intérêts des blancs dans le sud et empêcher l'instauration du droit de vote pour les noirs dans le pays. Malgré cette opposition du président, Douglass et ses amis continuaient à se battre pour les droits des noirs.
    En 1868, Douglass fit campagne pour le candidat républicain Ulysses. S.Grant.
    En 1877, Douglass après l'investiture du nouveau président républicain, Rughenford.B.Hayes, obtenait un poste de Marshal à Washington. La même année, il revint à Saint Michaels dans l'Etat du Maryland pour rendre visite à ses anciens amis et revoir les fermes et les plantations où il avait travaillé comme esclave. Il rendit également visite à son ancien maître, Thomas Auld.
    En 1880, suite à l'élection présidentielle du candidat républicain James Gurfield, Douglass fût nommé à un poste de greffier à Washington D.C.
    En 1881, il publia son troisième livre autobiographique "Life and Times of Frédérick Douglass".
    Helen PittsEn août 1882, Anna Douglass mourut après une longue maladie.
    En 1884, Douglass se remariait avec Helen Pitts, une femme blanche de 20 ans sa cadette.
    Entre 1889 et 1891 il est consul-général des Etats-Unis à Haïti.
    Le 20 février 1895, Frédérick Douglass mourut à Washington, D.C.


    Recherche et traduction par:
    ALBERT GREGO
    ASSOCIATION NORD ET SUD




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