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LES GRANDS ABOLITIONNISTES


WILLIAM LLOYD GARRISON


"La constitution américaine en tant que contrat entre le nord et le sud est un pacte avec la mort et un accord avec l'enfer"


William Lloyd Garisson


William lloyd Garisson (1805-1879)

Né en 1805 à Newburyport dans l'Etat du Massachusetts, William Lloyd Garrison est issu d'une famille modeste.

En 1807, son père travaillant dans la marine marchande perdit son travail suite à l'adoption d'une mesure d'embargo sur certain produit par le congrès.

En 1808, ruiné, son père abandonna le foyer familial. William Lloyd Garrison dû se mettre très tôt à travailler pour aider sa famille. Il livra du bois et vendit du "sucre candi" fait par sa mère.

En 1818, à peine âgé de 13 ans, il commença sa carrière de journaliste comme apprenti dans le journal local, le "Newburyport Herald". Au cours de ces années passées dans ce journal, il acquit une certaine expérience dans le métier de rédacteur. En effet, il rédiga de nombreux articles sous le pseudonyme d'Aristides.

Dans les années 1820, il adhéra à la société de colonisation américaine, une organisation qui à première vue semblait vouloir promouvoir la liberté et le bonheur des noirs sur le sol américain. Très vite, William Lloyd Garrison s'aperçut qu'en fait cette société n'avait comme unique but d'essayer de renvoyer en Afrique les noirs affranchis.

Un Quaker dénommé Benjamin Lundy émigré du New Jersey dans l'Ohio, créa en 1821 ce que l'on peut qualifier de premier journal abolitionniste: "The Genius of Universal Emancipation". En 1828, William Lloyd Garrison rejoignît l'équipe rédactionnelle de ce journal. Très vite, il devint un ardent défenseur de la cause abolitionniste.

En juin 1830, sa pugnacité lui valut d'être condamnée à sept mois de prison pour avoir tenu des propos diffamatoires dans le journal de Lundy à l'encontre du propriétaire d'un négrier de Baltimore. Mais, ses amis payèrent une caution pour le libérer. Il ne fit en fin de compte que six semaines de prison.

Le journal le
Le 1er janvier 1831, il fonda son propre journal anti-esclavagiste "le Liberator" à Boston avec un autre abolitionniste, Isaac Knapp. Dès le premier numéro, il ne cacha pas sa détermination à mettre fin à l'esclavage. " Je ne veux pas penser, ou parler, ou écrire avec modération.... je suis sérieux, je repousserai le compromis, je ne ferai pas d'excuses, je ne reculerai pas d'un seul pouce et je me ferai entendre". La ligne éditoriale tenue par William Lloyd Garrison était volontairement hardie et intransigeante. Au début, le tirage de son journal était faible: il ne s'éleva qu'à 400 exemplaires, la deuxième année de sa parution. Sa position radicale en faveur de la liberté immédiate des esclaves rendit dans un premier temps impopulaire son journal dans les Etats du Nord et déclencha une vive réaction d'hostilité dans le sud des Etats-Unis. Surtout que six mois après la première publication du "Liberator", un noir prénommé Nat Turner organisa une révolte d'esclaves en Virginie tuant plusieurs planteurs blancs et répandant un vent de panique dans tous les Etats du sud. Par la suite, beaucoup de sudistes reprochèrent à William Lloyd Garrison d'avoir incité par ses propos au soulèvement des noirs. C'est pourquoi, en Caroline du Sud par exemple, le comité de Vigilance offrit 1500$ pour l'arrestation de toute personne qui distribuerait ce journal. La chambre des représentants de l'Etat de Géorgie proposait à quiconque 5000 $ pour la capture de William Lloyd Garrison afin de le traduire devant un tribunal. Malgré tous ces obstacles, William Lloyd Garisson pu continuer à exprimer ses convictions durant prés de 34 ans.
En juillet 1831, Les leaders noirs de la ville de Boston rendit un fort hommage à William Lloyd Garrison au temple africain.

WILLIAM LLOYD GARRISON ET L'AMERICAN ANTI-SLAVERY SOCIETY

Déjà, il existait en Nouvelle Angleterre et à New York, une association anti-esclavagiste fondée par deux frères, Arthur et Lewis Tappan, des riches marchands qui avaient décidé de se consacrer à des oeuvres humanitaires. Ils avaient en autre financé le lancement du journal le "Liberator".
En décembre 1831, un comité de cinq hommes (Samuel E. Sewall, Ellis Gray Loring, Olivier Johnson et David Lee, William Lloyd Garrison) fut constitué en vue de la création d'une organisation anti-esclavagiste. L'objectif était de fusionner les deux associations existantes en une seule forme juridique dans laquelle tous les abolitionnistes du pays auraient pu se retrouver.

Le 1er janvier 1832, après un an de travaux, la constitution de l'organisation fut approuvée. L'Amérique vit la naissance de la première organisation anti-esclavagiste: "l'Américan Anti-Slavery Society". Arthur Tappan présida le premier la société anti-esclavagiste de 1833 à 1840. Cette société n'était pas trés populaire dans les Etats du nord.

Le 21 octobre 1835, William Lloyd Garrison, une corde à son coup fut traîné à travers les rues de Boston par une foule déchaînée. Il a été sauvé du lynchage de justesse par le maire de la ville, Théodore Lyman. On le mit dans une cellule pour le protéger. William Lloyd Garisson écrivit sur le mur de sa cellule: "William Lloyd Garrison a été mis dans cette cellule mercredi après-midi, le 21 octobre 1835 pour être protégé d'une foule qui a cherché à le détruire parce qu'il prêchait une doctrine reposant sur le principe que tous les hommes sont égaux devant dieu".

En 1837, William Loyd Garrison se lança dans la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes. Sa conviction de voir l'arrivée de femmes dans le gouvernement d'un Etat où l'esclavage n'existerait plus, lui permit de gagner la sympathie et le soutien de nombreuses femmes abolitionnistes.

En 1838, l'Américan Anti-Slavery Society comptait près de 250 000 membres. C'était la première organisation dans laquelle aussi bien les femmes que les hommes, noirs ou blancs jouèrent un rôle actif.

En 1840,les Etats Unis virent la naissance d'un parti de la liberté. Ce qui provoqua, une siscion au sein de la société anti-esclavagiste.

En août 1841, lors d'un meeting abolitionniste à New-Bedford, William Lloyd Garrison rencontra pour la première fois Frédérick Douglass alors âgé de 23 ans.

En 1842, William Lloyd Garrison déclara que l'union fédérale devait être annulée.

En 1843, William lloyd Garrison devint le président de la société anti-esclavagiste. Il y restera à ce poste jusqu'en 1865.

Une rupture se produisit entre Frédérick Douglass et le nouveau président de l'Américan Anti-slavery society sur le point de savoir si ils devaient mener une lutte pacifiste ou non contre l'esclavage. D'autres abolitionnistes quittèrent le mouvement en raison de leurs déssaccords à propos de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes.

Le 4 juillet 1854, un mois après le renvoi en servitude de son ami Anthony Burns et de la tentative manquée de le liberer, William Lloyd Garrison devant une foule de 3000 personnes qui l'acclamait, brûla une copie de la constitution américaine à Framingham dans l'Etat du Massachusetts en déclarant qu'elle "était un pacte avec la mort et un accord avec l'enfer".

En 1855, Avec quelques amis, William Lloyd Garrison arriva à convaincre l'Etat du Massachusetts à ouvrir les écoles publiques aux noirs.

WILLIAM LLOYD GARRISON ET ABRAHAM LINCOLN


L'opinion qu'avait William Lloyd Garrison d'Abraham Lincoln n'avait pas été toujours bonne. Au départ, méfiant comme tous les abolitionnistes, le rédacteur en chef du "Liberator" ne cachait pas son opposition à la politique proposée par le candidat républicain.
En 1860, faisant remarquer que le parti républicain était un "parti de lâches", il estima que le nouveau président des Etats-Unis "ne valait pas mieux qu'une lavette" et qu'il menait une politique "chancelante, hésitante, équivoque, irrésolue". Mais, au fil des événements, il se rallia à Abraham Lincoln en lui apportant son soutien.

Le 1er janvier 1863, date à laquelle où le président proclama l'émancipation des esclaves, William Lloyd Garisson déclara: "il s'agit d'un acte important d'une immense portée historique".

En juin 1864, William Lloyd Garisson se rendit à la convention républicaine tenue à Baltimore en tant qu'envoyé du journal "le Liberator". Il écrivit plus tard "un tel spectacle n'était-il pas une riche compensation pour plus de trente années d'opprobre personnel".

En 1864, au moment de la seconde campagne pour les élections présidentielles au cours de laquelle Abraham Lincoln et son vice président, Andy Johnson avaient présenté un programme axé sur la reddition inconditionnelle de la confédération et l'adoption d'un amendement constitutionnel abolissant pour toujours l'esclavage aux Etats-Unis, William Lloyd Garrison vint en personne à la Maison Blanche apporter son soutien au candidat républicain. Ce ralliement du rédacteur en chef du journal "le Liberator" ne fit qu'accentuer les désaccords avec Frédérick Douglass.

En 1865, lorsqu' Abraham Lincoln fit adopter par le congrès le 13eme amendement à la constitution américaine, William Lloyd Garisson félicita au travers de ce journal le président en lui attribuant tout le mérite de l'adoption de cet amendement.

Après la guerre de sécession et au moment où le 13eme amendement interdisant l'esclavage aux Etats-Unis fut adopté par le congrès américains, William Lloyd Garrison déclara "Ma vocation à être abolitionniste est terminée. Je suis heureux de voir que la plupart de mes concitoyens sont maintenant chaleureusement disposés à admettre que je n'ai jamais agi comme un fou, un fanatique ou comme un traite ". Quelques mois plus tard, William Lloyd Garrison mis fin à la publication du "Liberator".

Jusqu'à sa mort en 1879, William Lloyd Garisson continua à écrire sur des sujets tels que le spiritualisme, et poursuiva une autre lutte entamée dans les années 1830, la reconnaissance des droits civiques aux femmes. Archibald Grimke dira de William Lloyd Garisson "cet homme a incarné les forces morales pendant la guerre de sécession, l'histoire de sa vie est essentiellement l'histoire d'un soulèvement moral contre l'esclavage". Parallèlement, il s'occupa de sa femme malade et de quatres fils.

Recherche et traduction par:
ALBERT GREGO
ASSOCIATION NORD ET SUD

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